Terre battue, terre de business

Si l’entité Grand Chelem était les feu Spice Girls, Roland-Garros serait « Posh », plus précieuse que vraiment classieuse. Dans l’enceinte terrienne de la Porte d’Auteuil, la moitié du public qui arpente les allées exerce du tourisme tennistique de prestige, sans réelle passion. La plupart des joueurs du circuit ont beau affirmer à une majorité de république soviétique que le public le plus connaisseur du circuit ATP se trouve à Paris, je ne suis toujours pas convaincu.

Les « Aussies » de Melbourne sont pour moi de vrais mordus, qui viennent pour le sport et le jeu et non pour parader et clamer le soir même « j’y étais« . Mais Roland n’est pas uniquement du « m’as-tu-vu » superficiel, c’est aussi un théâtre de business. Et en premier lieu son célèbre Village. D’où mon idée d’aller faire aujourd’hui un petit tour dans l’antre des « pipole » et des déjeuners gastronomiques au champagne. Il y a la France de la crise, et il y a le microcosme des nantis du Village. J’y ai glanée quelques informations assez sympathiques que je me devais de partager avec vous.

Primo, le Village a un maire, comme une commune française lambda. « Ce n’est pas quelqu’un de la FFT mais un salarié d’une des sociétés possédant un stand« , nous explique un employé d’une société disposant du précieux sésame sur la nouvelle allée Amélie Mauresmo. Cette année, c’est une femme et la première magistrate du Village a été élue pour deux ans. « Il y a une vraie volonté d’avoir un esprit de famille entre employés du Village, trois fois sur la quinzaine on se retrouve pour un petit-déjeuner tous ensemble. On est au moins 50, ça soude les liens« , ajoute notre source.

Autre info alléchante, le Village est bel et bien un efficace espace d’affaires. « Sur mon stand, ça nous permet d’inviter nos clients, de les choyer, on a en gros 55 places par jour dans nos loges sur le Central et le Suzanne-Lenglen. Cela nous permet de consolider nos contrats plutôt que d’en conclure de nouveaux« , précise notre interlocuteur anonyme. Le prix du contentement de sa clientèle coûte environ 700 000 euros sur la quinzaine à la société détentrice du stand et d’un contrat avec le FFT. Ce chiffre correspond donc au prix sur les quinze jours de présence à Roland, pas uniquement les frais de fonctionnement du stand.

Pour ces derniers, je suis resté pantois devant le budget gastronomie pour un stand nourrissant chaque jour environ cinquante personnes : 400 000 euros. Heureux bénéficiaire de tous les contrats, y compris celui avec la FFT pour ses soirées (presse et clôture notamment), Potel et Chabot. Le traiteur encaisse le double pour un stand de 150 couverts quotidien, comme Lacoste par exemple. Vous avez dit big business ?

Crédit photo : Passion Leica

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