Otages de la pluie

Le Français est râleur, le cliché est vivace car il est vrai.

Il suffit de voyager hors des frontières de l’Hexagone pour prendre la réalité en pleine face. Ou alors pour les moins aventuriers, de baguenauder dans les travées de l’enceinte de Roland-Garros un jour de pluie. Parce que là, quand Dame nature pourrit leur précieuse journée, je peux vous dire que ça peste sévère pour rester poli et éviter la transcription de gros mots sur notre site.

Bon il faut dire, et là se veut le point de ce billet, que le site des Internationaux de France est la métaphore architecturale du juste milieu. Les extrêmes météorologiques, dans la chaleur ou la pluie, sont des purges.

Je m’explique : quand comme dimanche et lundi, le thermomètre dépasse les 27° d’une touffeur accablante, contrairement à Melbourne, New-York ou Londres pour les trois autres Grand Chelem, Roland ne dispose d’aucun grand espace vert pour s’allonger et se reposer. Ni même le moindre endroit agréable où profiter de l’ombre. Résultat, j’ai vu trois malaises dont un chez une hôtesse d’accueil sur le court n°1.

Et quand une pluie diluvienne s’abat sur la Porte d’Auteuil comme jeudi, la nasse de curieux refoulés des courts se masse sous le toit du Central ou du Lenglen. Résultat, pour faire 200 mètres il faut à peu près 20 minutes, bonjour la galère. A l’heure où la Fédération pense à déménager son grand théâtre tennistique annuel, ce constat sonne comme un argument de poids à l’exil vers des contrées plus spacieuses. Et plus agréables pour un public pris en otage quand le juste milieu se refuse à Roland.

Photo : Y.Caradec / Flickr

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