Les joueurs les plus détestés du circuit

Je rentre à la maison hier soir, les yeux encore envoutés de la jouissance visuelle offerte par Robin Soderling, et voilà que mon frère lance à un diner de famille : « Soderling-Berdych, c’est la demi-finale des deux joueurs les plus détestés du circuit. »

Là bien entendu, six personnes scrutent ma réaction. Dur, dur d’être l’insider, celui qui doit justifier, infirmer, contredire, conforter ou confirmer les rumeurs et autres « m’a-t-on dit ».

Oui, Thomas Berdych est taiseux, détesté des joueurs français (lui assure que non mais il ment aussi fort qu’il tape dans la balle), et pas chaleureux pour un sou. Oui Robin Soderling ne claque pas des « high five » dans le Player’s Lounge avec ses acolytes et ne tape pas des barres de rire avec les gais lurons du cirque ATP.

J’ai personnellement rencontré les deux larrons. Si Berdych ne donne pas envie de réserver une semaine de vacances avec lui, Soderling est d’une extrême gentillesse. C’est une tortue avec une carapace. Quand vous grattez, il sort la tête. Disponible mais réservé, il vit dans son monde, dans sa bulle à lui. Il me le disait encore l’an passé, « je ne suis pas sur le circuit pour me faire des amis. » Il serait bien hypocrite de le clouer au pilori pour cela. J’aime Robin, je le clame sans honte !

Cette assertion me permet d’en venir au point central du billet du jour « made in » Roland-Garros : le bon peuple aime à savoir qui est sympa, qui ne l’est pas. Pour certains, entre le privé et le public il y a deux versions. Quand Roger Federer est loué par tous ses adversaires pour son attitude et sa gentillesse, Patrick Mouratoglou casse le mythe en allumant sévèrement le roi Roger, accusé d’être hautain et dénigrant sur lesdits « petits tournois ». Tollé en Suisse, haro sur le coach d’Aravane Rezaï.

Il y a trois jours j’apprends par l’entremise d’un ami informé de source sûre que « Rodge » a menacé la FFT de boycotter le prochain BNP-Paris Masters 1000 de Paris-Bercy s’il n’était pas programmé sur le court Philippe-Chatrier pour tous ses matches Porte d’Auteuil. Mais c’est le même qui trois heures après sa défaite face à Soderling mardi soir, se pointe tout sourire et disponible au diner des champions de l’ITF. Il y fera même de l’humour à propos de sa couronne terrienne perdue.

Andy Roddick ? Ennemi numéro un de la presse, qu’il déteste et évite autant que se peut. Allumé par quelques sans grade du circuit pour ne jamais dire bonjour. Pourtant, c’est le même qui selon une amie qui le connaît fort bien est adorable, chaleureux, généreux.

Jelena Jankovic ? Face caméra c’est sourire de VRP pour aspirateurs, hors caméra la Serbe tourne Buster Keaton. Docteur Jelena et Mister Jankovic. Ou quand l’image publique est trompeuse.

Nikolay Davidenko ? Entre son physique de comptable soviétique, son jeu de robot et ses sourires inexistants, le Russe dégage de l’antipathie. Pourtant, en privé, même auprès de la presse, il est marrant, cynique, souriant.

Lleyton Hewitt ? Lui pas d’erreur sur la personne, c’est vraiment une tête de c…

Et puis il y a ceux dont l’image n’est pas trompeuse, les vrais sympas: Ivan Ljubicic, Nicolas Almagro, Fernando Verdasco, Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Marcos Baghdatis, Marin Cilic. Et Rafa Nadal, inaccessible de par son statut (et son agent) mais doux comme un agneau quand il ne martyrise pas ses victimes sur la terre parisienne.

Crédit photo : mirsasha

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