Des frissons en plein cagnard

Quand l’histoire s’écrit devant vos yeux, les frissons sont automatiques.

Que vous soyez ou non touché et concerné par la cause. Francesca Schiavone m’en a donné des petits frétillements sous la peau ce samedi. Dieu sait pourtant que cette finale ne m’emballait pas pour un sou, que le tennis féminin m’ennuie profondément pour son uniformité (entre autres je vous rassure) et que mon cœur balançait très clairement du côté de l’Australie, en l’occurrence Samantha Stosur.

Donc sentir un embryon d’émotions et de joie sincères pour l’atypique italienne au dernier point d’un tie-break original et entraînant, a provoqué en moi surprise mais confort : je ne suis donc pas un sans cœur macho.

Au Player’s Lounge, que ce soit Martina Navratilova, Mary Pierce ou Iva Majoli, trois lauréates sur la terre parisienne, toutes clamaient leur joie pour leur copine Francesca, première transalpine à écrire son nom sur la coupe Suzanne-Lenglen. Avant de quitter une arène où elle aura avec finesse joué de Stosur comme un torero du pauvre taureau entré en victime expiatoire tête basse, la désormais 6e mondiale (classement WTA) aura même bavardé avec Silvio Berlusconi en personne. Elle n’avait pas encore quitté le Central: image et moment mythiques.

Schiavone, trentenaire d’un circuit squattée par un concours de précocité et de championnes à peine post-adolescentes. Une nana marrante si l’on en croit ses amies têtes couronnées. Quand je l’avais rencontrée en début de quinzaine, elle ne m’avait pas donné cette impression. Mais alors pas du tout. Ou alors je n’ai vraiment pas d’humour.

Allez, je suis généreux, je donne crédit aux louanges du trio de retraitées. Contrairement à Kuznetsova l’an passé, l’Italienne a dégagé une vraie et énorme joie. Une joueuse qui monte au filet plus de 20 fois en finale de Roland, ça ne se reverra pas de sitôt. Et une show-woman de son genre non plus, démonstrative et expressive. Comme l’aime le public. A mille lieux de sa tenue de femme de ménage de restaurant d’entreprise et de son physique dirons-nous peu glamour. Et pas ultra féminin. Mais franchement, ce genre de considérations ce soir on s’en tamponne.

Roland a une nouvelle reine, pas comme les autres, qui peut déplaire mais sort des moules si ennuyeux.

Crédit photo : Alfredo Villa

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