Tout augmente, même la réalité

Mélanger réel et virtuel : un concept qui pouvait sembler futuriste il y a quelques années, mais qui se concrétise aujourd’hui. C’est ce qu’on appelle la « réalité augmentée ». L’industrie automobile, les médias, l’aéronautique, la défense et les loisirs s’y intéressent de très près. Explications.

Prenez un simple dépliant publicitaire pour un modèle de voiture. Présentez-le devant une caméra reliée à un ordinateur et observez l’écran : c’est de la magie pure ! Vous voyez apparaitre en 3D la voiture qui suit le mouvement que vous imposez à la brochure. Et ce n’est pas tout, vous pouvez aussi changer la couleur du véhicule ou ouvrir ses portes. Un résultat totalement hallucinant, déroutant… qui est le fruit d’un logiciel révolutionnaire. Le procédé utilisé s’appelle la réalité augmentée.
La Citadelle du Vertige
Avec la réalité augmentée, le corps se mêle au numérique et un continent d’usages et d’innovations se dévoile. Que ce soit pour afficher des informations sur le pare-brise d’une auto, sur nos téléphones mobiles ou GPS, avec des lunettes au travers desquelles on peut lire des informations supplémentaires, etc. : la réalité augmentée est sur le point d’entrer chez tout le monde. Dans le milieu industriel, cette technologie ouvre la voie à de nouvelles applications en remplacement ou en complément à la réalité virtuelle.

Ainsi, avec la réalité augmentée, Airbus teste son A380 sur les pistes des aéroports du monde entier. A partir d’un simple film, il est possible d’analyser un atterrissage,  alors qu’auparavant il fallait procéder à une longue et coûteuse modélisation en 3D de cette piste et de son environnement. Chez BMW, le concept a été étudié pour la formation des techniciens automobiles. Sur des lunettes équipées d’une mini-caméra, l’employé voit en 3D les instructions nécessaires pour réparer le véhicule. Le futur de la réalité augmentée se trouve là : l’analyse d’images, capable de tracer les objets en mouvement. Les publicitaires s’y intéressent également : avec ce procédé, il est possible d’incruster des encarts publicitaires en 3D lors de matchs télévisés. Les logos des entreprises peuvent ainsi être visibles en permanence quel que soit l’angle de vue.

Les animaux du Futur

Et il ne s’agit pas que de science fiction, car depuis peu, cette réalité augmenté est accessible à tout un chacun. C’est notamment le cas au Futuroscope de Poitiers, où, depuis début avril 2008, une nouvelle attraction baptisée « Les animaux du futur » a ouvert ses portes. A bord de véhicules d’expédition, les visiteurs traversent des décors réels reconstituant les habitats de notre planète tels qu’ils pourraient évoluer dans le futur, sous l’effet des changements climatiques et de l’activité de l’écorce terrestre.

Les visiteurs voient surgir virtuellement et en 3D les animaux qui pourraient peupler notre planète dans 5, 100 et même 200 millions d’années. Ils évoluent alors dans un univers partiellement réel (les décors) et partiellement virtuel (les objets, les animaux, etc.). Comment cela fonctionne-t-il ? Chaque visiteur est équipé d’une paire de jumelles. Devant chaque séquence des Animaux du Futur, la caméra intégrée aux jumelles des visiteurs enregistre le décor observé. Sur le film réalisé, un ordinateur incruste des animaux virtuels en 3D puis restitue toutes ces images en temps réel sur les écrans des jumelles. La position exacte de chaque visiteur est calculée à la seconde près par le système de localisation intégré au wagon. C’est pourquoi chaque visiteur dispose d’un champ de vision propre et agit sur son environnement de façon autonome.

Mais la réalité augmentée intervient aussi d’une autre façon, via le bracelet-capteur que porte chaque spectateur. Grâce à ce bracelet, il interagit, communique et joue avec les nombreuses créatures qui viennent à sa rencontre. Chacun vit ainsi sa propre expérience d’immersion et de contact avec les animaux virtuels. Tandis que les jumelles font apparaître ce qui n’existe pas, comme les animaux qui pourraient peupler la Terre dans plusieurs millions d’années, le bracelet-capteur leur donne vie. Il permet aux visiteurs de les toucher, d’interagir avec eux.

Et ensuite, lorsqu’on retire les jumelles, le spectacle est tout autre : des spectateurs ébahis agitant les mains dans le vide devant de simples décors sans vie. Et ça… c’est bel et bien la réalité.

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