Welcome to South Africa !

Rafael Nadal a tué la finale de Roland-Garros, d’une domination historique. Comme en 2008. Autant dire que je quittais la Porte d’Auteuil le cœur léger, heureux d’aller humer l’air du suspense à la pointe de la corne africaine. L’Espagne de Vincente Del Bosque, même favorite, a la politesse pour le spectateur de laisser passer l’espoir dans l’embrasure des rêves de succès. Pas comme le El Cordobès de Manacor, torero en raquette et bandana !

Me voilà donc peu avant minuit tout enjoué de décoller dans le confort de la classe business du gargantuesque A380. Heureux hasard, Jean-Pierre Escalettes, Jacques Lambert et Gérard Houllier sont eux aussi présents dans l’avion. Tout comme Christian Karembeu, analyste technique pour le département média de la FIFA et roupilleur émérite. En attendant ses bagages, le grand patron de la FFF évoque l’affaire Rama Yade avec son secrétaire général. Pas besoin d’avoir les esgourdes de Steve Austin pour capter que « ça gronde au Conseil Fédéral ».

Par ailleurs, petite remarque sans à propos avec l’actualité, le binôme à lui seul casse des siècles d’effort pour imposer la France comme pays de mode et de classe vestimentaire. Bonjour les costards de chez Tati, et on ne dira rien sur les chaussures, peut-être achetées en urgence au premier bowling du coin. Bref, passons. C’est malheureux, mais que voulez-vous : si l’habit ne fait pas le moine, le poste, lui, n’achète pas le bon goût.

Dans le grand hall de l’OR Tambo, aéroport de Johannesburg, Bernard Lama répond déjà une équipe TV locale, c’est le tohu-bohu mais les sourires compensent l’organisation un tantinet chaotique. Vingt minutes de voiture et bienvenue dans le Hub des officiels et journalistes, Sandton et ses clinquants hôtels. Ici, ne cherchez pas à capter la moindre parcelle de réalité sociale, vous êtes dans une bulle coupée de la vraie vie d’une ville où les aigrefins sont d’ordinaire les vedettes. Welcome to South Africa ! Enfin, celle de que Jacob Zuma et Sepp Blatter veulent bien montrer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *