Vuvuzela, c’est plus fort que toi !

Ils monopolisent les discussions, le bruit dans les stades, les célébrations autochtones, le mécontentement des délégations étrangères (surtout européennes), les débats sur pour ou contre leur interdiction, et même la page Twitter du président de la FIFA en personne, Sepp Blatter. “Ils”, ce sont les fameux Vuvuzelas. Je ne vais pas vous apprendre en quoi consistent ces traditionnelles cornes sud-africaines : sauf à avoir passé les six derniers jours sur une station spatiale, impossible de ne pas savoir ce qu’est un Vuvuzela. Pour ma part, malheureusement je ne sais que trop bien. Je les appelle les “maudits”.

Entre leur décibels (127, plus qu’une tronçonneuse) et celles, beaucoup trop élevées, des sonos des stades, vous vous coltinez deux joutes semaines en live et vous pouvez prendre rendez-vous en rentrant chez un audioprothésiste. Surdité garantie. Mais si les “maudits” n’étaient présents que dans les enceintes, ça irait encore. Le gros hic, c’est qu’ils sévissent partout. Vous vous baladez tranquillement dans les allées d’un centre commercial de Joburg, et hop un gros coup de corne, par derrière en plus le traitre, à vous réveiller un mort. Ça surprend. Mais surtout, ça agace, irrite et peut vous foutre de mauvais poil. Les boules Quies « Vuvu-Stop » sont en rupture de stock à Cape Town ; les joueurs, à l’instar de Yoann Gourcuff, se plaignent de ne pas s’entendre sur le terrain et les supporteurs étrangers sont au bord de la crise de nerfs.

Si la FIFA a bien tenté d’interdire l’objet du crime, après s’être heurtée au veto des organisateurs, elle le défend désormais. Au nom de la tradition. « Je ne vois pas une interdiction des traditions musicales des supporteurs dans leur propre pays. Vous aimeriez voir interdites les traditions des supporteurs dans votre pays ? », a écrit Blatter lundi sur son compte officiel Twitter. Même revirement de position chez le comité organisateur, qui la veille envisageait l’interdiction, même du bout des lèvres. Aujourd’hui, c’est la fête du Vuvu, défendu à tours de communiqués de presse. Seule bonne nouvelle, selon la presse sud-africaine, des Vuvuzelas moins bruyants devraient très vite être commercialisés. C’est déjà ça de pris.

Crédit image : Dundas Football Club

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