Les transports, le point noir de cette Coupe du Monde

Justo Villar n’est pas aussi mesuré dans ses propos que son prénom pourrait le laisser entendre.

Alors que les vox pipoli, populi et footballi tressent des lauriers à l’organisation sud-africaine, le gardien paraguayen prend, lui, le côté opposé. Rentré au pays après l’élimination de l’Albirroja par la Furia Roja espagnole en quart de finale, Villar s’est lâché sur l’antenne de Telefuturo.

“Le pays n’était pas préparé pour un tel événement. Il s’est passé une montagnes de petites choses désagréables. Par exemple, lors de notre premier match contre l’Italie, le bus est tombé en panne, on a attendu 45 minutes avant de prendre finalement des taxis. La FIFA n’attache de l’importance qu’aux stades et à ce que voient les gens à la télévision.”

Voilà qui est dit. Pour l’instant, c’est la seule voix discordante. Et un tantinet de mauvaise foi, car honnêtement après tout ce qu’on a pu entendre depuis six ans sur la catastrophe annoncée, vu de ce prisme ce Mondial est une immense réussite. Mais Villar a le mérite de pointer du doigt le gros hic du tournoi : les transports. Entre le traffic à Joburg, les grèves des chauffeurs de bus toujours à Joburg, les avions annulés (une grosse dizaine de détenteurs de billets pour la demi-finale à Durban s’est retrouvée sur le carreau), et les retards, les nerfs devaient parfois être bien solides. Mais pas de quoi entacher le succès d’un événement à la hauteur des attentes suscitées, même si comparé à l’Allemagne en 2006 la ferveur mondialiste était beaucoup, beaucoup moins palpable dans les rues.

En tout cas, la note officielle tombera lundi, on sera fixé sur l’évaluation officielle de la FIFA. Elle ira de 1 à 10. Si j’étais Sepp Blatter et Jérôme Valcke, je distribuerais un 7,5/10. Un chiffre donne déjà satisfaction au comité d’organisation, d’ores et déjà : 2,997  million de spectateurs dans les stades sur les 61 matches avant le dernier carré. Soit une moyenne de 49 134 nantis par rencontre. Seuls USA 1994 et Allemagne 2006 ont fait mieux.