La politique de la chaise vide

Les images ne trahissent pas, c’est bien connu. Elles peuvent être travesties ou truquées mais là en l’occurrence la thèse du complot est impensable : ni le Comité d’Organisation de la Coupe du Monde, ni la FIFA n’y ont intérêt. Et le spectateur, quel que soit le canapé, le bar, le restaurant, le pub ou le salon dans lequel il est posé quelque part dans le globe, peut s’apercevoir que la grande majorité des matches se joue dans des stades qui ne sont pas pleins. Et parfois limite à moitié vides.

Après quelques jours de compétition, la FIFA réagissait au phénomène, annonçant que l’heure n’était pas au bilan ; mais que d’ores et déjà des mesures allaient être prises, notamment concernant l’accès au stade. Car entre les embouteillages, surtout à l’Ellis Park et au Soccer City de Johannesburg ; les grèves de bus comme à Johannesburg la semaine passée (laissant sur la carreau des milliers de détenteurs de billets) ; et la purge pour les parkings autour de stades, au final le pays hôte n’est pas exempt de tout reproche dans cette affaire. La vente massive de billets groupés à des entreprises qui visiblement décident de ne pas en jouir pleinement, est également un facteur.
On me racontait ainsi que les hôtels de Rustenburg faisaient sérieusement la gueule après le match entre les Anglais et leurs cousins américains. La raison ? Les autorités compétentes leur avaient demandé expressément d’annuler ou de refuser une pelleté de réservation pour laisser de la place aux Anglais, censés venir en masse. Au final, crise ou pas, les supporteurs des « Three Lions » n’ont finalement débarqué que la veille de la rencontre, laissant des milliers de chambres vides. Et de gérants riant aussi jaune que les maillots des Bafana Bafana.

Crédit image : Grégoire Lannoy

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